"Une autre Afrique est Possible"
Harare, Zimbabwe, 13-15 Octobre 2005
par SASF secretariat

Dans l’esprit du mouvement social mondial, Conakry accueillera la Quatrième Edition du Forum Social Africain (FSA) du 1 au 5 décembre 2005, faisant suite à la première édition du FSA à Bamako en 2002, celle de Adis Abeba en Ethipopie en 2003 et la troisième à Lusaka, Zambie en 2004. Le mouvement social africain a enregistré avec satisfaction des avancées dans l’élargissement de la dynamique du Forum Social sur le continent, à travers l’organisation de forums sociaux nationaux et sous régionaux, ainsi qu’une participation africaine plus importante et plus régulière des Africains aux différents forums sociaux mondiaux. Cette dynamique a permis une plus grande prise de conscience de la société civile, laquelle révèle de plus en plus la nécessité de ...
l’approfondissement de l’indépendance des pays africains ainsi que la mise en place de synergie d’action entre les différents mouvements en vue de la mise en œuvre des politiques de développement crédibles.
Aujourd’hui le continent traverse des difficultés multiples sur les plans économique, social et politique qui le maintiennent dans un sous-développement chronique. Plus de la moitié des pays africains appartiennent au groupe des pays les moins avancés. Au plan économique, l’application de mesures macro économiques néo-libérales sévères cause davantage d’inégalités que de bénéfices pour les populations africaines. Parallèlement, un pillage systématique des ressources naturelles et humaines (fuite des cerveaux) approfondit encore plus la crise ou la progression du sous-développement sur le continent. Les questions relatives à la dette et aux politiques agricoles et commerciales restent sans solution, au moment où les politiques de libre-échange sont promues par les institutions financières internationales (OMC, Banque Mondiale, FMI etc.) ainsi que les futurs accords de partenariat économiques ACP-Union Européenne.
Au plan social avec ses 52% de jeunes, le continent se heurte à de graves problèmes d’identité, de fracture sociale, de justice et de dégradation des valeurs traditionnelles de solidarité qui sont à la source de la plupart des conflits. Par ailleurs, ces conflits, la forte émigration ainsi que la montée du VIH-SIDA et la dégradation de l’environnement sont autant d’éléments auxquels doivent faire face dans leur évolution d’aujourd’hui les civilisations africaines.
Au plan politique, malgré toutes les dispositions prises ici et là pour construire la démocratie les pays africains continuent à payer un prix élevé pour la mauvaise gouvernance. Les tentatives de démocratisation par les processus électoraux piétinent dans la plupart des Etats africains. Ce qui influe négativement sur les modes d’accès et d’exercices du pouvoir. Face à l’inefficacité des valeurs et réglementations externes imposées (politique d’ajustement structurel etc.) pour lutter contre la pauvreté, émerge le besoin d’identifier des solutions endogènes passant par l’africanisation de certains concepts et de certains principes tels que la démocratie, la bonne gouvernance et la gestion des conflits.
Par ailleurs, l’Afrique regorge de potentialité. D’une part, sur le plan économique, social et culturel, le continent constitue la réserve mondiale en ressources minières, des potentialités agricoles et environnementales, des compétences humaines diverses et un patrimoine culturel qui trouve son fondement dans l’histoire même de l’humanité, et, dont beaucoup d’aspects restent encore à découvrir. D’autre part, ce sont des millions de personnes à travers les organisations traditionnelles et modernes, alliées non seulement pour lutter contre la pauvreté mais aussi pour préserver une forme de valeur humaine ayant trait à la durabilité du développement.